Le Seigneur exhorte les humains à aimer.
Ceux-ci sont des frères par le sang ou le culte.
La mue peut s’opérer si l’ardeur est calmée.
L’amitié et l’amour mèneront leur lutte.
Le cerveau abrite notre intelligence ;
Le cœur est l’unique foyer des sentiments ;
Dans l’âme, la vertu élit sa résidence ;
Leur conflit est toujours constant et violent.
Ne me bouscule pas, garde ta patience.
Le temps ferme les plaies, du moins je l’espère.
Conserve ton sang froid et ton indulgence.
Qui aime préserve, qui aime tolère.
Ta prose coulante m’accrédite noblement,
M’octroie un prestige illustre sans égal,
M’augure le succès acquis subtilement
Me hisse dans un rang presque phénoménal.
C’est un pacte moral, voulu par le destin,
Qui défie les années, une fois mis au jour.
Il requiert dignité et les honneurs sans fin
Et, à tous les instants, attentions et amour.
Paix ! Mot doux, sublime, gage de l’harmonie.
Penseurs et poètes l’évertuèrent sans fin.
Il fascine l’esprit, conte les mélodies,
Assure pour tous de meilleurs lendemains,
Répudie les conflits entre les bonnes gens,
Se place en arbitre entre tous les mauvais,
Instaure le bonheur en exclusif agent,
Bannit les compromis, condamne le laid.
Elle vint, nous dicta à faire la trêve,
De bonne réflexion pour voir clair en nous-mêmes,
Abandonner ou bien poursuivre le rêve,
Ou garder l’amitié. Voilà le dilemme.
Le temps ! Le temps qui fuit, laisse les passagers !
Ne sois pas cruel et tranchant comme l’épée,
Guéris les larges plaies, écarte le danger.
J’ai fauté malgré moi et j’ai été dopé.
Le chemin était long, hérissé d’écueils :
Un fleuve et des monts, un bastion, un prince.
Le but était proche, j’étais bien sur le seuil.
Je laisse ses attraits, sa magnificence.
Jocelyne ! Ma belle ! Donne-moi ton pardon.
Ton harmonie prime, garde comme trophée
Mon grand sacrifice. Prends ce modeste don
Aimer c’est préserver ô mon phare, ma fée.
Le sort nous a servis hélas tardivement.
Ta belle fillette rieuse m’a ému,
Tiré de mon songe sans aucun boniment.
C’est une sainte qui amorça la mue.
Son nom de baptême est désormais Safiya
La pure accomplie à l’age innocent.
Ce sera son sacre, sous le chant de Maya
Interprété au luth, lyre et violent.
C’est ma bénédiction qui la suivra partout,
Transmise par mes saints éteints depuis longtemps.
Mande-la par ce nom sublime et très doux
Il porte l’effluve jusqu’à la fin des temps.
Elle saura l’aimer et m’aimer en parrain
Dis-lui mon affection, celle d’un grand-père.
Plût qu’elle grandisse dans ton giron câlin
Et fais-en ton cliché admirable et fier.
Sois toujours heureuse, c’est mon vœu le plus cher.
Envoie-moi des signaux, j’en serai très ravi.
Porte mon souvenir dans les hautes sphères,
Ici-bas tout est vain et plus rien ne survit.
Un jour pourrait venir, illustre de beauté,
Riche de causeries, d’agréables moments
Au pied de l’amandier, au fruit crû velouté,
Près du bambou svelte, sous un ciel clément,
Ou bien encore sur la plage dorée,
En face des deux rochers surgissant dans la mer,
Que tu vis encore fillette à sept ans,
Extasiée de joies, sous le libre éther
Aux douces mélodies, fantasias et chants.
Tu reçus naguère le philtre de l’amour
De la patrie meurtrie, réveillée en sursaut,
Ivre de liberté acquise pour toujours,
Engagée à panser ses douleurs et ses maux.