les cavaliers,Margueritte revisitée,t1; ahmed bencherif

L’ambiance champêtre tirait presqu’à sa fin, quand se présenta une troupe montée. Elle venait de la garnison du village et menait une opération de police pour essayer d’intercepter des bandits de grand chemin qui auraient pu faire une incursion dans le territoire de la commune mixte. Le renseignement n’était pas fiable. La prudence détermina le Hakem (l’administrateur) Martin, qui était de droit le chef d’expédition, à faire un ratissage dans la périphérie du mont Gountas, Il était le chef de la commune et avait toute latitude pour apprécier les opportunités, malgré l’avis réservé du capitaine Paul, commandant la garnison. Celui-ci l’accompagnait en subalterne et souffrait de ce fait une atteinte à son autorité, en présence de ses hommes. Les temps avaient changé et les militaires s’effaçaient carrément devant les civils Roumis pour qui l’histoire se faisait.    

 

          Les vingt cavaliers se mêlèrent aux malheureux besogneux, pris de bouleversement ; ils étaient près d’eux, simulaient de les charger, retenaient la bride de leurs chevaux, qui, freinés dans leurs élans, levaient nerveusement leur pattes antérieures ; ils les terrorisaient afin de délier leurs langues, obtenir peut-être un tuyau. L’homme, qui se disait venir de nulle part, se trouva presque sous l’envergure d’un coursier et risquait d’être écrasé, aplati. Pris de panique, il commença à courir. Il était pris d’épouvante, les yeux globuleux, le visage exsangue, les poumons gonflés, le cœur battant comme un tambour. Il se déboutonna la chemise, jeta son turban qui découvrit des cheveux hirsutes et s’enfuit à toute allure en criant : « Le feu ! La fumée ! Les balles ! » Le cavalier, qui sema la terreur, crut mettre la main sur un bandit et le poursuivit. L’homme, qui venait de nulle part, courait toujours en lançant les mêmes cris d’horreur, puis, tomba à bout de souffle, en se revoyant enfant de six ans, enfumé avec toute sa tribu dans une grotte par les soldats français, en l’an mille huit cents quarante trois pendant la guerre de résistance que menait le peuple sous l’étendard de l’Emir Abdel Kader.   

             Ce fut par un 19 juin de l’an 1845, que Pélissier enfuma dans une grotte la tribu des Oulads Riyah et son bétail, prenant l’exemple sur Cavaignac, imitant lui-même Saint Arnaud, lequel avait été instruit par le général Bugeaud, promu par son lot de gloires en massacres, pillages, enlèvements de femmes vendues comme esclaves aux enchères dans les souks, troquées contre des chevaux ou gardées dans les camps.  Ils étaient 760 hommes, femmes, enfants et vieillards, prisonniers du grand bûcher allumé à l’entrée de la grotte par les soldats. Les victimes de l’holocauste, qui respiraient du gaz carbonique, suffoquaient, toussaient, se tordaient de douleur et vomissaient. Ils criaient à faire éclater leurs cordes vocales et tournaient en rond, vite étourdis par les inhalations toxiques. Pélissier restait sans clémence et jouissait de cette tragédie qu’il commettait diaboliquement. Ses soldats, tout autant pervers, tiraient sur tous ceux qui tentaient de franchir l’écran impénétrable. Bientôt la fumée eut raison d’eux et ils moururent les uns après les autres.

      L’enfant, Riyahi, courut dans les profondeurs de la grotte et la providence était là pour le secourir. Il emprunta une galerie très étroite qui montait graduellement, au sommet de laquelle il entrevit le jour par une fissure et put enfin respirer. Il resta là trois jours en proie à une phobie angoissante. Le choc fut terrible quand il découvrit le champ macabre. Il chercha son père, sa mère ses frères et ses sœurs qu’il trouva sans vie, affreusement corrompus. Les oreilles des cadavres étaient tranchées, par les soldats qui les vendaient à leur état major à dix francs la paire, l’équivalent de deux brebis. L’enfant cessa de percevoir les choses, entra dans un état second, ne ressentait ni peur, ni audace. Il respirait un air pollué,  acre et abominable. Il quitta le charnier marcha longtemps et le hasard le mena à un douar : il raconta sa tragédie aux habitants qui l’accueillirent. Ils lui dirent qu’aucun Riyahi n’a survécu au génocide. Is ne le crurent pas, e qui l’amena à se sentir sans origine et de ce jour il résolut de dire être de nulle part. Il grandit et se maria, travailla aux labours, aux moissons, n’importe où, en préservant son secret. 

L’ambiance champêtre tirait presqu’à sa fin, quand se présenta une troupe montée. Elle venait de la garnison du village et menait une opération de police pour essayer d’intercepter des bandits de grand chemin qui auraient pu faire une incursion dans le territoire de la commune mixte. Le renseignement n’était pas fiable. La prudence détermina le Hakem (l’administrateur) Martin, qui était de droit le chef d’expédition, à faire un ratissage dans la périphérie du mont Gountas, Il était le chef de la commune et avait toute latitude pour apprécier les opportunités, malgré l’avis réservé du capitaine Paul, commandant la garnison. Celui-ci l’accompagnait en subalterne et souffrait de ce fait une atteinte à son autorité, en présence de ses hommes. Les temps avaient changé et les militaires s’effaçaient carrément devant les civils Roumis pour qui l’histoire se faisait.    

 

          Les vingt cavaliers se mêlèrent aux malheureux besogneux, pris de bouleversement ; ils étaient près d’eux, simulaient de les charger, retenaient la bride de leurs chevaux, qui, freinés dans leurs élans, levaient nerveusement leur pattes antérieures ; ils les terrorisaient afin de délier leurs langues, obtenir peut-être un tuyau. L’homme, qui se disait venir de nulle part, se trouva presque sous l’envergure d’un coursier et risquait d’être écrasé, aplati. Pris de panique, il commença à courir. Il était pris d’épouvante, les yeux globuleux, le visage exsangue, les poumons gonflés, le cœur battant comme un tambour. Il se déboutonna la chemise, jeta son turban qui découvrit des cheveux hirsutes et s’enfuit à toute allure en criant : « Le feu ! La fumée ! Les balles ! » Le cavalier, qui sema la terreur, crut mettre la main sur un bandit et le poursuivit. L’homme, qui venait de nulle part, courait toujours en lançant les mêmes cris d’horreur, puis, tomba à bout de souffle, en se revoyant enfant de six ans, enfumé avec toute sa tribu dans une grotte par les soldats français, en l’an mille huit cents quarante trois pendant la guerre de résistance que menait le peuple sous l’étendard de l’Emir Abdel Kader.   

             Ce fut par un 19 juin de l’an 1845, que Pélissier enfuma dans une grotte la tribu des Oulads Riyah et son bétail, prenant l’exemple sur Cavaignac, imitant lui-même Saint Arnaud, lequel avait été instruit par le général Bugeaud, promu par son lot de gloires en massacres, pillages, enlèvements de femmes vendues comme esclaves aux enchères dans les souks, troquées contre des chevaux ou gardées dans les camps.  Ils étaient 760 hommes, femmes, enfants et vieillards, prisonniers du grand bûcher allumé à l’entrée de la grotte par les soldats. Les victimes de l’holocauste, qui respiraient du gaz carbonique, suffoquaient, toussaient, se tordaient de douleur et vomissaient. Ils criaient à faire éclater leurs cordes vocales et tournaient en rond, vite étourdis par les inhalations toxiques. Pélissier restait sans clémence et jouissait de cette tragédie qu’il commettait diaboliquement. Ses soldats, tout autant pervers, tiraient sur tous ceux qui tentaient de franchir l’écran impénétrable. Bientôt la fumée eut raison d’eux et ils moururent les uns après les autres.

      L’enfant, Riyahi, courut dans les profondeurs de la grotte et la providence était là pour le secourir. Il emprunta une galerie très étroite qui montait graduellement, au sommet de laquelle il entrevit le jour par une fissure et put enfin respirer. Il resta là trois jours en proie à une phobie angoissante. Le choc fut terrible quand il découvrit le champ macabre. Il chercha son père, sa mère ses frères et ses sœurs qu’il trouva sans vie, affreusement corrompus. Les oreilles des cadavres étaient tranchées, par les soldats qui les vendaient à leur état major à dix francs la paire, l’équivalent de deux brebis. L’enfant cessa de percevoir les choses, entra dans un état second, ne ressentait ni peur, ni audace. Il respirait un air pollué,  acre et abominable. Il quitta le charnier marcha longtemps et le hasard le mena à un douar : il raconta sa tragédie aux habitants qui l’accueillirent. Ils lui dirent qu’aucun Riyahi n’a survécu au génocide. Is ne le crurent pas, e qui l’amena à se sentir sans origine et de ce jour il résolut de dire être de nulle part. Il grandit et se maria, travailla aux labours, aux moissons, n’importe où, en préservant son secret. 

L’ambiance champêtre tirait presqu’à sa fin, quand se présenta une troupe montée. Elle venait de la garnison du village et menait une opération de police pour essayer d’intercepter des bandits de grand chemin qui auraient pu faire une incursion dans le territoire de la commune mixte. Le renseignement n’était pas fiable. La prudence détermina le Hakem (l’administrateur) Martin, qui était de droit le chef d’expédition, à faire un ratissage dans la périphérie du mont Gountas, Il était le chef de la commune et avait toute latitude pour apprécier les opportunités, malgré l’avis réservé du capitaine Paul, commandant la garnison. Celui-ci l’accompagnait en subalterne et souffrait de ce fait une atteinte à son autorité, en présence de ses hommes. Les temps avaient changé et les militaires s’effaçaient carrément devant les civils Roumis pour qui l’histoire se faisait.    

 

          Les vingt cavaliers se mêlèrent aux malheureux besogneux, pris de bouleversement ; ils étaient près d’eux, simulaient de les charger, retenaient la bride de leurs chevaux, qui, freinés dans leurs élans, levaient nerveusement leur pattes antérieures ; ils les terrorisaient afin de délier leurs langues, obtenir peut-être un tuyau. L’homme, qui se disait venir de nulle part, se trouva presque sous l’envergure d’un coursier et risquait d’être écrasé, aplati. Pris de panique, il commença à courir. Il était pris d’épouvante, les yeux globuleux, le visage exsangue, les poumons gonflés, le cœur battant comme un tambour. Il se déboutonna la chemise, jeta son turban qui découvrit des cheveux hirsutes et s’enfuit à toute allure en criant : « Le feu ! La fumée ! Les balles ! » Le cavalier, qui sema la terreur, crut mettre la main sur un bandit et le poursuivit. L’homme, qui venait de nulle part, courait toujours en lançant les mêmes cris d’horreur, puis, tomba à bout de souffle, en se revoyant enfant de six ans, enfumé avec toute sa tribu dans une grotte par les soldats français, en l’an mille huit cents quarante trois pendant la guerre de résistance que menait le peuple sous l’étendard de l’Emir Abdel Kader.   

             Ce fut par un 19 juin de l’an 1845, que Pélissier enfuma dans une grotte la tribu des Oulads Riyah et son bétail, prenant l’exemple sur Cavaignac, imitant lui-même Saint Arnaud, lequel avait été instruit par le général Bugeaud, promu par son lot de gloires en massacres, pillages, enlèvements de femmes vendues comme esclaves aux enchères dans les souks, troquées contre des chevaux ou gardées dans les camps.  Ils étaient 760 hommes, femmes, enfants et vieillards, prisonniers du grand bûcher allumé à l’entrée de la grotte par les soldats. Les victimes de l’holocauste, qui respiraient du gaz carbonique, suffoquaient, toussaient, se tordaient de douleur et vomissaient. Ils criaient à faire éclater leurs cordes vocales et tournaient en rond, vite étourdis par les inhalations toxiques. Pélissier restait sans clémence et jouissait de cette tragédie qu’il commettait diaboliquement. Ses soldats, tout autant pervers, tiraient sur tous ceux qui tentaient de franchir l’écran impénétrable. Bientôt la fumée eut raison d’eux et ils moururent les uns après les autres.

      L’enfant, Riyahi, courut dans les profondeurs de la grotte et la providence était là pour le secourir. Il emprunta une galerie très étroite qui montait graduellement, au sommet de laquelle il entrevit le jour par une fissure et put enfin respirer. Il resta là trois jours en proie à une phobie angoissante. Le choc fut terrible quand il découvrit le champ macabre. Il chercha son père, sa mère ses frères et ses sœurs qu’il trouva sans vie, affreusement corrompus. Les oreilles des cadavres étaient tranchées, par les soldats qui les vendaient à leur état major à dix francs la paire, l’équivalent de deux brebis. L’enfant cessa de percevoir les choses, entra dans un état second, ne ressentait ni peur, ni audace. Il respirait un air pollué,  acre et abominable. Il quitta le charnier marcha longtemps et le hasard le mena à un douar : il raconta sa tragédie aux habitants qui l’accueillirent. Ils lui dirent qu’aucun Riyahi n’a survécu au génocide. Is ne le crurent pas, e qui l’amena à se sentir sans origine et de ce jour il résolut de dire être de nulle part. Il grandit et se maria, travailla aux labours, aux moissons, n’importe où, en préservant son secret. 

L’ambiance champêtre tirait presqu’à sa fin, quand se présenta une troupe montée. Elle venait de la garnison du village et menait une opération de police pour essayer d’intercepter des bandits de grand chemin qui auraient pu faire une incursion dans le territoire de la commune mixte. Le renseignement n’était pas fiable. La prudence détermina le Hakem (l’administrateur) Martin, qui était de droit le chef d’expédition, à faire un ratissage dans la périphérie du mont Gountas, Il était le chef de la commune et avait toute latitude pour apprécier les opportunités, malgré l’avis réservé du capitaine Paul, commandant la garnison. Celui-ci l’accompagnait en subalterne et souffrait de ce fait une atteinte à son autorité, en présence de ses hommes. Les temps avaient changé et les militaires s’effaçaient carrément devant les civils Roumis pour qui l’histoire se faisait.    

 

          Les vingt cavaliers se mêlèrent aux malheureux besogneux, pris de bouleversement ; ils étaient près d’eux, simulaient de les charger, retenaient la bride de leurs chevaux, qui, freinés dans leurs élans, levaient nerveusement leur pattes antérieures ; ils les terrorisaient afin de délier leurs langues, obtenir peut-être un tuyau. L’homme, qui se disait venir de nulle part, se trouva presque sous l’envergure d’un coursier et risquait d’être écrasé, aplati. Pris de panique, il commença à courir. Il était pris d’épouvante, les yeux globuleux, le visage exsangue, les poumons gonflés, le cœur battant comme un tambour. Il se déboutonna la chemise, jeta son turban qui découvrit des cheveux hirsutes et s’enfuit à toute allure en criant : « Le feu ! La fumée ! Les balles ! » Le cavalier, qui sema la terreur, crut mettre la main sur un bandit et le poursuivit. L’homme, qui venait de nulle part, courait toujours en lançant les mêmes cris d’horreur, puis, tomba à bout de souffle, en se revoyant enfant de six ans, enfumé avec toute sa tribu dans une grotte par les soldats français, en l’an mille huit cents quarante trois pendant la guerre de résistance que menait le peuple sous l’étendard de l’Emir Abdel Kader.   

             Ce fut par un 19 juin de l’an 1845, que Pélissier enfuma dans une grotte la tribu des Oulads Riyah et son bétail, prenant l’exemple sur Cavaignac, imitant lui-même Saint Arnaud, lequel avait été instruit par le général Bugeaud, promu par son lot de gloires en massacres, pillages, enlèvements de femmes vendues comme esclaves aux enchères dans les souks, troquées contre des chevaux ou gardées dans les camps.  Ils étaient 760 hommes, femmes, enfants et vieillards, prisonniers du grand bûcher allumé à l’entrée de la grotte par les soldats. Les victimes de l’holocauste, qui respiraient du gaz carbonique, suffoquaient, toussaient, se tordaient de douleur et vomissaient. Ils criaient à faire éclater leurs cordes vocales et tournaient en rond, vite étourdis par les inhalations toxiques. Pélissier restait sans clémence et jouissait de cette tragédie qu’il commettait diaboliquement. Ses soldats, tout autant pervers, tiraient sur tous ceux qui tentaient de franchir l’écran impénétrable. Bientôt la fumée eut raison d’eux et ils moururent les uns après les autres.

      L’enfant, Riyahi, courut dans les profondeurs de la grotte et la providence était là pour le secourir. Il emprunta une galerie très étroite qui montait graduellement, au sommet de laquelle il entrevit le jour par une fissure et put enfin respirer. Il resta là trois jours en proie à une phobie angoissante. Le choc fut terrible quand il découvrit le champ macabre. Il chercha son père, sa mère ses frères et ses sœurs qu’il trouva sans vie, affreusement corrompus. Les oreilles des cadavres étaient tranchées, par les soldats qui les vendaient à leur état major à dix francs la paire, l’équivalent de deux brebis. L’enfant cessa de percevoir les choses, entra dans un état second, ne ressentait ni peur, ni audace. Il respirait un air pollué,  acre et abominable. Il quitta le charnier marcha longtemps et le hasard le mena à un douar : il raconta sa tragédie aux habitants qui l’accueillirent. Ils lui dirent qu’aucun Riyahi n’a survécu au génocide. Is ne le crurent pas, e qui l’amena à se sentir sans origine et de ce jour il résolut de dire être de nulle part. Il grandit et se maria, travailla aux labours, aux moissons, n’importe où, en préservant son secret. 

L’ambiance champêtre tirait presqu’à sa fin, quand se présenta une troupe montée. Elle venait de la garnison du village et menait une opération de police pour essayer d’intercepter des bandits de grand chemin qui auraient pu faire une incursion dans le territoire de la commune mixte. Le renseignement n’était pas fiable. La prudence détermina le Hakem (l’administrateur) Martin, qui était de droit le chef d’expédition, à faire un ratissage dans la périphérie du mont Gountas, Il était le chef de la commune et avait toute latitude pour apprécier les opportunités, malgré l’avis réservé du capitaine Paul, commandant la garnison. Celui-ci l’accompagnait en subalterne et souffrait de ce fait une atteinte à son autorité, en présence de ses hommes. Les temps avaient changé et les militaires s’effaçaient carrément devant les civils Roumis pour qui l’histoire se faisait.    

 

          Les vingt cavaliers se mêlèrent aux malheureux besogneux, pris de bouleversement ; ils étaient près d’eux, simulaient de les charger, retenaient la bride de leurs chevaux, qui, freinés dans leurs élans, levaient nerveusement leur pattes antérieures ; ils les terrorisaient afin de délier leurs langues, obtenir peut-être un tuyau. L’homme, qui se disait venir de nulle part, se trouva presque sous l’envergure d’un coursier et risquait d’être écrasé, aplati. Pris de panique, il commença à courir. Il était pris d’épouvante, les yeux globuleux, le visage exsangue, les poumons gonflés, le cœur battant comme un tambour. Il se déboutonna la chemise, jeta son turban qui découvrit des cheveux hirsutes et s’enfuit à toute allure en criant : « Le feu ! La fumée ! Les balles ! » Le cavalier, qui sema la terreur, crut mettre la main sur un bandit et le poursuivit. L’homme, qui venait de nulle part, courait toujours en lançant les mêmes cris d’horreur, puis, tomba à bout de souffle, en se revoyant enfant de six ans, enfumé avec toute sa tribu dans une grotte par les soldats français, en l’an mille huit cents quarante trois pendant la guerre de résistance que menait le peuple sous l’étendard de l’Emir Abdel Kader.   

             Ce fut par un 19 juin de l’an 1845, que Pélissier enfuma dans une grotte la tribu des Oulads Riyah et son bétail, prenant l’exemple sur Cavaignac, imitant lui-même Saint Arnaud, lequel avait été instruit par le général Bugeaud, promu par son lot de gloires en massacres, pillages, enlèvements de femmes vendues comme esclaves aux enchères dans les souks, troquées contre des chevaux ou gardées dans les camps.  Ils étaient 760 hommes, femmes, enfants et vieillards, prisonniers du grand bûcher allumé à l’entrée de la grotte par les soldats. Les victimes de l’holocauste, qui respiraient du gaz carbonique, suffoquaient, toussaient, se tordaient de douleur et vomissaient. Ils criaient à faire éclater leurs cordes vocales et tournaient en rond, vite étourdis par les inhalations toxiques. Pélissier restait sans clémence et jouissait de cette tragédie qu’il commettait diaboliquement. Ses soldats, tout autant pervers, tiraient sur tous ceux qui tentaient de franchir l’écran impénétrable. Bientôt la fumée eut raison d’eux et ils moururent les uns après les autres.

      L’enfant, Riyahi, courut dans les profondeurs de la grotte et la providence était là pour le secourir. Il emprunta une galerie très étroite qui montait graduellement, au sommet de laquelle il entrevit le jour par une fissure et put enfin respirer. Il resta là trois jours en proie à une phobie angoissante. Le choc fut terrible quand il découvrit le champ macabre. Il chercha son père, sa mère ses frères et ses sœurs qu’il trouva sans vie, affreusement corrompus. Les oreilles des cadavres étaient tranchées, par les soldats qui les vendaient à leur état major à dix francs la paire, l’équivalent de deux brebis. L’enfant cessa de percevoir les choses, entra dans un état second, ne ressentait ni peur, ni audace. Il respirait un air pollué,  acre et abominable. Il quitta le charnier marcha longtemps et le hasard le mena à un douar : il raconta sa tragédie aux habitants qui l’accueillirent. Ils lui dirent qu’aucun Riyahi n’a survécu au génocide. Is ne le crurent pas, e qui l’amena à se sentir sans origine et de ce jour il résolut de dire être de nulle part. Il grandit et se maria, travailla aux labours, aux moissons, n’importe où, en préservant son secret. 

L’ambiance champêtre tirait presqu’à sa fin, quand se présenta une troupe montée. Elle venait de la garnison du village et menait une opération de police pour essayer d’intercepter des bandits de grand chemin qui auraient pu faire une incursion dans le territoire de la commune mixte. Le renseignement n’était pas fiable. La prudence détermina le Hakem (l’administrateur) Martin, qui était de droit le chef d’expédition, à faire un ratissage dans la périphérie du mont Gountas, Il était le chef de la commune et avait toute latitude pour apprécier les opportunités, malgré l’avis réservé du capitaine Paul, commandant la garnison. Celui-ci l’accompagnait en subalterne et souffrait de ce fait une atteinte à son autorité, en présence de ses hommes. Les temps avaient changé et les militaires s’effaçaient carrément devant les civils Roumis pour qui l’histoire se faisait.    

 

          Les vingt cavaliers se mêlèrent aux malheureux besogneux, pris de bouleversement ; ils étaient près d’eux, simulaient de les charger, retenaient la bride de leurs chevaux, qui, freinés dans leurs élans, levaient nerveusement leur pattes antérieures ; ils les terrorisaient afin de délier leurs langues, obtenir peut-être un tuyau. L’homme, qui se disait venir de nulle part, se trouva presque sous l’envergure d’un coursier et risquait d’être écrasé, aplati. Pris de panique, il commença à courir. Il était pris d’épouvante, les yeux globuleux, le visage exsangue, les poumons gonflés, le cœur battant comme un tambour. Il se déboutonna la chemise, jeta son turban qui découvrit des cheveux hirsutes et s’enfuit à toute allure en criant : « Le feu ! La fumée ! Les balles ! » Le cavalier, qui sema la terreur, crut mettre la main sur un bandit et le poursuivit. L’homme, qui venait de nulle part, courait toujours en lançant les mêmes cris d’horreur, puis, tomba à bout de souffle, en se revoyant enfant de six ans, enfumé avec toute sa tribu dans une grotte par les soldats français, en l’an mille huit cents quarante trois pendant la guerre de résistance que menait le peuple sous l’étendard de l’Emir Abdel Kader.   

             Ce fut par un 19 juin de l’an 1845, que Pélissier enfuma dans une grotte la tribu des Oulads Riyah et son bétail, prenant l’exemple sur Cavaignac, imitant lui-même Saint Arnaud, lequel avait été instruit par le général Bugeaud, promu par son lot de gloires en massacres, pillages, enlèvements de femmes vendues comme esclaves aux enchères dans les souks, troquées contre des chevaux ou gardées dans les camps.  Ils étaient 760 hommes, femmes, enfants et vieillards, prisonniers du grand bûcher allumé à l’entrée de la grotte par les soldats. Les victimes de l’holocauste, qui respiraient du gaz carbonique, suffoquaient, toussaient, se tordaient de douleur et vomissaient. Ils criaient à faire éclater leurs cordes vocales et tournaient en rond, vite étourdis par les inhalations toxiques. Pélissier restait sans clémence et jouissait de cette tragédie qu’il commettait diaboliquement. Ses soldats, tout autant pervers, tiraient sur tous ceux qui tentaient de franchir l’écran impénétrable. Bientôt la fumée eut raison d’eux et ils moururent les uns après les autres.

      L’enfant, Riyahi, courut dans les profondeurs de la grotte et la providence était là pour le secourir. Il emprunta une galerie très étroite qui montait graduellement, au sommet de laquelle il entrevit le jour par une fissure et put enfin respirer. Il resta là trois jours en proie à une phobie angoissante. Le choc fut terrible quand il découvrit le champ macabre. Il chercha son père, sa mère ses frères et ses sœurs qu’il trouva sans vie, affreusement corrompus. Les oreilles des cadavres étaient tranchées, par les soldats qui les vendaient à leur état major à dix francs la paire, l’équivalent de deux brebis. L’enfant cessa de percevoir les choses, entra dans un état second, ne ressentait ni peur, ni audace. Il respirait un air pollué,  acre et abominable. Il quitta le charnier marcha longtemps et le hasard le mena à un douar : il raconta sa tragédie aux habitants qui l’accueillirent. Ils lui dirent qu’aucun Riyahi n’a survécu au génocide. Is ne le crurent pas, e qui l’amena à se sentir sans origine et de ce jour il résolut de dire être de nulle part. Il grandit et se maria, travailla aux labours, aux moissons, n’importe où, en préservant son secret. 

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