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Evangelina, extrait les odes de l'amour; ahmed bencherif

                   Évangelina    

 

 

 

                      

 

   Voile noir d’ébène ! Sois clémence et douceur.

   Ce blanc d’albâtre que tu couvres est lunaire,

   Sainteté échappée de l’éden des danseurs, 

   Le jardin des rêveurs sous la boule solaire.

 

   Ton velours ouvré en apprêts infimes recherchés  

   Garde jalousement ses beautés d’océanide 

   Dans ses palais en verre cristal attachés  

   A Vénus, déesse de l’amour intrépide.   

 

   En hauteur, tes mille points, tous phosphorescents,        

   Te parent de grand art, pour soirée mondaine,   

   Pour vêtir la muse dans un mode décent

   Que les yeux ne quittent, manifeste aubaine.

 

   Là, l’émoi commence, le souffle se retient :    

   Tu tombes discrètement sans offense

   Laissant évoluer magnifiquement bien

   Les savoureuses pommes d’Eve en émergence.

 

   Ses rubis scintillent à peine visible,

   Symbolique des reines dans leur intimité,

   Se parant pour un secret amour infaillible,

   Cultivant leurs atours, soufflant la volupté.

 

   Ses lèvres divinement tracées reposent

   Esquissent un sourire subtil déclencheur

   De fortes émotions, en couleur de rose,

   Emblème des passions, vécues dans la fraicheur.

 

   Ses yeux clairs, langoureux sont deux saphirs brillants,

   Qui baignent dans un fond de lune miroitant 

   Brulent l’albatros dans l’espace et ses sillons

   Que serait-ce du cœur de l’amant palpitant.  

 

   Ses épis d’or libres, légers, courts et  soyeux  

   Dansent un beau tango au souffle du zéphyr,

   Sur un lit gazonné, au toucher chatouilleux 

   Qui tendrement allume suggère le désir.

 

   Quand tu vois, c’est avec tendresse du monde,

   Légende immortelle à tes yeux attendris,

   Lui vouant cet hymne des passions fécondes,

   De ta main set venu se poser cet écrit.

 

   Quand il voit, c’est avec le cœur des amoureux   

   Du monde espérant vraiment conquérir ton cœur,

   Souffrant le spleen à la fois tendre et douloureux

   Et chante tes grâces seul et jamais en chœur.

 

 

 

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