diadème d'Hippone, extr les odes de l'amou ahmed bencheif

                                   Diadème d’Hippone

 

 

   

       Née voilà trois longs millénaires passés,   

       Sur la rive sud de la Méditerranée,    

       Pour un comptoir de négoce très agencé      

       Par de grands marins de Tyr bien intentionnés,

 

       Les premiers créateurs de l’alphabet au monde,        

       Excellents navigateurs, par beau temps ou  houle,

       Bâtisseurs de cités en Syrie où abonde   

       La moisson dans les champs, pour le bien des foules,  

              

       Ils mouillèrent sur un littoral quasiment nu

       Sans moindre refuge naturel, voles aux vents,  

       En courbe harmonieuse du golfe continu   

       Des caps De Garde et Rose comme un brise-vent.

 

       Ah ! Belle surprise pour ces marchands marins :

       L’immense plaine fertile et bien irriguée,     

       Arrosée de cours d’eau qu’été ne tarisse un brin,   

       Couronnée de collines aptes à prodiguer,   

 

       Abrité encore de forêts profondes,            

       Habitat d’une faune infiniment variée,

       De l’ours au lion et tout un petit monde,   

       D’outardes capturées en nombre à la criée ;

 

       Forêts riches en bois précieux thuyas et chênes,   

       Du cèdre de l’Atlas, sapins et oliviers,

       En hautes herbes nourricières et saines,

       Gorgées en variété d’un notable gibier.

 

       « Ubbon, s’écrièrent les chanceux caboteurs, 

          Un golfe, site de nos comptoirs prospères,

          Faisons commerce aux Africains enchanteurs,

          Elaguons les arbres, labourons les terres ».

 extrait

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