Gétuliya;nouvelle pour enfant; ahmed bencherif

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            Il y a des milliers d’années, la région d’Ain-Sefra recevait abondamment de pluie et partout les herbes hautes poussaient dans l’immensité des plaines sablonneuses qui s’étendaient jusqu’aux portes de l’oasis de Taghit. Tous les jours, le ciel était chargé de gros nuages, tous les jours il y tombait de grosses pluies qui trempaient le sol. Les crues étaient impressionnantes par leur grandeur qui atteignait cinq mètres de hauteur et leur vitesse était vertigineuse. Les oueds coulaient régulièrement et rugissaient comme des lions. Ils allaient arroser l’immensité désertique pour finir dans les palmeraies du Touat, à Kerzaz, à Adrar et aussi loin que le permettait le courant des eaux tumultueuses

            Ses  montagnes forment ce que les géographes ont appelé : le mont des Ksour en hommage au chapelet des ksars construits à leurs bases, depuis moins de deux mille ans, comme c’est le cas d’Ain-sefra, Sfissifa, Moghrar, Boussemghoun, Chellala. Elles sont imposantes, abruptes, difficiles à escalader et atteignent généralement mille huit cents mètres d’altitude. Dans le passé préhistorique, elles étaient densément boisées de chênes verts, de pins, de caroubiers, de genévriers et de diverses espèces. Elles abritaient des forêts profondes et inextricables. Leurs sommets étaient habillés de blanc presque toute l’année, une généreuse couche épaisse de neige qui fondait quand le soleil d’été commençait à chauffer et à émettre ses ardeurs. Ces eaux fondues s’infiltraient dans les couches géologiques profondes et ressurgissaient comme des sources généreuses qui donnaient à leur tour de grandes marres où venaient se désaltérer les animaux et les hommes.

         Les géographes nous disent encore que la région d’Ain-sefra formait, dans ces temps les plus reculés de la préhistoire, un immense marécage qui s’étendait jusqu’à l’oasis de Taghit, à quatre vingt kilomètres au sud de Bechar. Elle avait donc sa végétation spécifique : des onces, des roseaux et des herbes très hautes et tendres. Au printemps, il y poussait aussi une multitude de fleurs variées, très belles et odorantes que butinaient les abeilles et les papillons. Mais cette région avait sa faune particulière, aujourd’hui hélas disparue et dont on retrouve la trace de sujets animaux sur les parois rocheuses qu’avaient taillés les premiers habitants. Elle ressemblait à la savane africaine et abritait le lion, le zèbre, l’éléphant, la girafe, le crocodile, le buffle, l’hyène, le serval, le guépard. Cet homme préhistorique nous a donc laissé sa mémoire par des gravures rupestres dont on retrouve des centaines de stations à ciel ouvert, éparpillées à travers l’atlas saharien et dont les plus belles se trouvent à Tiyout, vielles de cinq huit mille ans. Ces immensités fourragères suffisaient à entretenir ces troupeaux herbivores. Mais la sécheresse les appauvrissait d’année en année et le sol très humide s’asséchait de plus en plus. Plus loin dans le temps, soit soixante cinq millions d’années, il y vivait chez nous des dinosaures herbivores et les géologues en ont retrouvé un squelette, conservé aujourd’hui pour les besoins de la recherche scientifique, au musée de la Sonatrach à Alger.

         Dans la région d’Ain-sefra, d’époque lointaine, il y a cinq mille ans, il y vivait un groupement humain, appelé Gétules, redoutables guerriers qui combattaient aux cotés des armées de la Numidie, de Carthage et d’Egypte. Ce peuplement était nombreux et se caractérisait par le grand nomadisme qu’il pratiquait. Ces mêmes individus peuplaient les hauts plateaux de l’est de notre pays, entre Constantine et Sétif. D’autres groupements moins importants en nombre habitaient au sud du Maroc, dans le territoire de Tafilalet. D’autres encore peuplaient le territoire entre Ouargla et Tabelsa, dont le mausolée remonte à deux mille cinq cents ans.

        A une ère plus proche, environ deux mille quatre cents ans, ce peuplement Gétule avait évolué et renonçait graduellement à son mode de vie nomade pour commencer à se sédentariser. Au lieu de continuer à vivre dans les grottes, il conçut un mode d’habitat tout à fait simple et construisit des huttes sur les plaines, désormais moins fournies en herbes fourragères. La sécheresse s’était accentuée et l’aridité donnait ses premiers signes inquiétants. Les marécages étaient complètement asséchés et leur peuplement animal sauvage avait aussi quasiment disparu. Il n’en restait que quelques individus d’éléphants, des lions et des léopards.

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