le martyr de l'oued , l'Odyssée ahmed bencherif

Odyssée

 

                              Le martyr de l’oued   

 

 

         Encore octobre et ses rendez-vous tragiques :

         L’oued menace de nouveau la ville,

         Rappelle ses dangers, ses crues fatidiques,

         Sa force impressionnante, son éternel cycle. 

 

         Il vient de très loin, du moyen Atlas

         Et grossit d’affluents le long de son chemin,

         Traverse la steppe, sur des roches ne se casse,

         Passe entre des gorges, balaie des jardins,

         Court plus vite que le vent,  profond et très large,

         Charrie des quantités énormes de glaise,

         Tourbillonne en folie, déborde ses berges, 

         Se brise contre les roches qu’il creuse.  

         Il descend en furie, arrache les arbres, 

         Emporte les bestiaux surpris dans les herbes,

         Chameaux, bœufs et brebis en très grand nombre, 

         Dévaste les oasis et creuse des tombes. 

 

         Ses vagues énormes, folles et terrifiantes

         Roulent les unes sur les autres sans répit,

         Ne se brisent jamais, courent toujours en pente,

         Foncent dans le désert assoiffé d’eau, de vie. 

             

         Elles montent très haut, gênées d’obstacles,

         Poursuivent leur lancée, tombent avec fracas,  

         Puis se déchirent dans un bruit terrible,  

         Prennent leurs victimes dans leurs tristes appâts.  

 

 

         Il gronde dans la vallée comme un tonnerre,

         Furieux et enragé de façon continue.

         Ses échos demeurent suspendus dans les airs

         Arrêtés par les monts resserrés, hélas nus.

 

       

         Les habitants l’attendent, mais il les surprend.              

         Bienfaiteur ou monstre ? Il laisse cependant

         De tristes souvenirs. Il ramène de l’eau,

         Fait la félicité des plaines et des vaux.

             

         Il vint de nuit, en l’an deux mille moins onze,             

         La veille du marché hebdomadaire en plein air,

         Au bosquet de tamarix déjà en grains roses

         Où marchands forains font de bonnes affaires.

  

 

 

 

         L’oued les surprit dans leur sommeil profond,

         Sous la franche lune, de chaleur étouffante,

         Près de leurs voitures et leurs petits camions                   

         Chargés de produits ménagers en vente.   

 

         Ils sont réveillés brusquement par l’eau froide  

         Et tout défile dans une vitesse rare :

         Le grand émoi, l’émotion, pire débandade,

         Des cris, des voix brisées, plus de phare. à créer votre page, cliquez ici et entrez votre texte

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