lettre d'mour Aphrodite; ahmed bencherif

   Quoi te dire ? Je ne sais plus, ressource-moi pour créer les mots justes, à la mesure de ce que je ressens, de ce que j’espère. Toutes les langues universelles échouent à exprimer mes souffrances énormes, implacables, d’un jour à l’autre plus fortes et plus destructives. Ni magie, ni science ne sont en mesure de les curer, les remplacer par le bonheur qui a, sans toi, déserté ma vie. Ah ce bonheur à sa seule évocation, mon corps tremble, mon cœur bat plus vite, ces images de son vécu défilent l’une près l’autre, avec toute l’intensité partagée avec toi dans ces moments d’évasion, d’oubli de soi, une vie que ne peuvent connaitre ni les amants, ni les poètes, par ses ardeurs, ses amours, ses complicités, ses silences, ses poèmes, une vie qui ne ressemble en rien à celle d’ici-bas, ni à celle de l’au-delà, car celle-ci n’a jamais été décrite, ni même imaginée. Nous avions tout simplement créé nos jardins d’amour de roses et de marguerites où la romance cohabitait avec la passion. Du peu d’amour, c’était l’embrasement. Il y avait osmose  de nos corps, de nos âmes, de nos cœurs, nous formions un seul être qui avait une seule voie, celle de l’amour. C’était un miracle d’amour, jamais vécu depuis le premier culte d’Aphrodite qui ne t’égale en rien, toi ma chère Aphrodite. Tu es l’amour, tu es le fantasme, la douceur, la passion.

     Mais comment tu es partie ? De toi-même ? Je l’aurais compris, si c’était le cas. Donc pourquoi ? C’est triste de te révéler ce secret. La jalousie de ton amie me diabolisait à dessein et poursuivait sans relâche de ternir mon image de gentlemen que tu adorais tant. Mais elle a perdu son pari de conquérir mon cœur et m’avait même exhorté à t’oublier. A sa forte déception, mon amour pour toi n’en était nullement atteint ; il est resté puissant, imperturbable, comme la puissance de la chaine montagneuse de l’Himalaya, ardent et fort comme le magma du volcan la Fournaise à l’ile de la Réunion. Là je comprends cependant que tu aies écouté ton amie dont tu t’étais alarmée. Car elle est ton amie, t’aimant comme une sœur, parfois une mère.     

     Sais-tu que mon ciel n’st plus d’azur, ses nuages ne le quittent jamais, ni de jour, ni de nuit. Mon soleil a disparu, ma lune, mes étoiles aussi. C’est te dire que tu es mon unique lumière qui dissipe tous mes ténèbres, mes faux-jours, à tel point que je pense réellement que tu es faite seulement de lumière, une sorte de fée que l’on rencontre dans les légendes. Mais oui tu es ma légende, mon mythe que toujours j’adulerai. Mais la fonction de la lumière c’est d’illuminer l’univers et je suis ton univers. Ah combien de fois, ne me l’avais-tu dit. Par ta présence, j’ai savouré tes fruits mon Aphrodite.. Ton absence me laisse découvrir que tu es mon Athéna, la déesse de la lumière.

      Que puis-je te dire que tu ne sais déjà ? A souffrance, cure. Tu es le baume de la plaie, le havre des mes tourmentes, le fruit qui ne perdra jamais ses saveurs, la perle qui brillera toujours, tu es l’espoir et l’espérance de ton poète sa richesse qui par toi fructifie, sa sensibilité qui par crée des images poétiques, la muse de son temps qu’il aimera toujours comme il n’en a jamais aimé.

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