il ne se passe rien 4 ahmd bencherif

Sur mon chemin, je rencontrais si peu de gens dans les rues  et presque tous les magasins étaient fermés, comme la plus part des restaurants. Ce n’était pas l’exception du jour. Cette situation urbaine étrange durait depuis des années. Gare au passager qui échouait la nuit dans la ville. Trouverait-il le pain et le gîte ? Difficile à dire. Il ne faut pas croire que ma ville faisait exception dans cette léthargie de nuit. Elle ressemblait aux autres agglomérations dans le pays. A croire que ce peuple avait fini de vivre la nuit et donc il ne vivait que la moitié de savie. Même, les quelques brasseries autorisées, très peu nombreuses, n’étaient pas épargnées par ce phénomène. Elles servaient leurs boissons alcoolisées à l’intérieur, portes fermées. Les buveurs pouvaient donc ressembler à des voleurs qui prenaient des précautions pour passer inaperçus, comme si le vin était devenu tabou dans une société au tempérament méditerranéen, c’est-à-dire portée à la belle ambiance, la joie, le plaisir. Quelle en est la cause ? Un traumatisme de la guerre civile des années 1990, la décennie noire, la guerre contre le terrorisme ? Tant d’appellations qui laissent le commun des Algériens perplexe. Effectivement durant la période en cause, les islamistes armés étaient maitres de la nuit, ceux-là justement qui voulaient conduire ces buveurs au paradis malgré eux. On est toujours dans ce cas de figure : ‘ le malgré soi ‘ avec le pouvoir en place ou ses opposants. La dictature est myope, elle confond ses ennemis en amis, considère ses amis comme ennemis. Evidemment cette perception de la gouvernance ne lui permet pas d’avancer, mais l’oblige à reculer négativement.

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