la miraculée Isabelle Eberhardt, ahmed bencherif

La Miraculée Isabelle Eberhardt

 

            A l’origine de l’organisation du ‘’colloque Isabelle Eberhardt’’, personne ne pouvait supposer le véritable combat, que je devrais mener pour faire aboutir ce projet ! Au contraire, je pensais être félicité, autant par l’opinion publiquelocale que par les autorités locales pour cet évènement de haute envergure,dont la retombée leur apporterait médiatisation, et notoriété.C’était oublier que l’ouverture de la société et du système s’opérait très lentement et que toute nouveauté était sujette à de lasuspicion. Il est fort dommageableque le développement de la culture puisse souffrir de diversesrésistancesassorties d’obstacles incontournables. La chose n’était pas du tout aisée de mener à son terme ce projet auquel j’avais souscrit en avril 2014 en me lançant un défi insensé. Plus d’une fois, j’ai failliabandonner, tant la pression que je subissais était forte, tant les barrières étaient infranchissables. Il m’avait fallu faire preuve de pugnacité, de persuasion, de persévérance pour affronter des partenairesrécalcitrants, des indécis.

            Pourquoi cela ? Pour quelque chose d’insignifiant,à savoirune rumeur. Les gens sensés ne s’arrêtent pas à une rumeur ; L’Etat non plus d’ailleurs. Mais quand leurs connaissances sont insuffisantes alors,les non-initiéspréfèrent la fuite en avant consistant à dire que ce projet culturel n’est pas fiable et que cette Isabelle Eberhardt est controversée. Plus les mois passaient, plus je me rendais compte que les résistances devenaient plus fortes, plus contraignantes. Toutes les étapes organisationnelles franchies étaient des batailles gagnées d’un combat dont je pensais vraiment l’issue douteuse. Quand je pense combiencette rumeur d’espionnite était fortementsculptée etprofondément ancrée dans les esprits, il fallait un miracle pour la neutraliser. Dans ce parcours harassant, denouvelles stratégiess’imposaient pourchaque freinrencontré. Cependant, j’étais conscient de l’enjeude cet événement quej’orchestrais. En effet, ce colloque est un actefondateur et donc toute innovationest assurément difficile, complexe, incertaine, dérangeante, envahissante, en butte à des préjugés ;A l’avenir, il seraitjudicieuxde réalisertout congrèsdans des délais moins longs, dans des circonstances moins contraignantes.

Des promesses m’ont été données, certaines tenues, d’autres avortées, mais j’ai tenu bon le gouvernail malgré les tempêtes. Cela bien entendu se répercutait dans mes échanges avec vous, conférenciers, qui avez étudié la vie et l’œuvre d’Isabelle Eberhardt dont vous avez publié des travaux de grande valeur. Je vousdonnais une date pour tenir le colloque, pour la reporter ensuite ;Vous souffriez du dérèglement de vos agendas respectifset moi je souffrais de devoir vous l’imposer,et de vous avoirentrainés dans une aventure, qui en fin de compte s’avère êtrebelle.

 

Mais c’est bien vousbiographes, chercheurs,écrivains, qui au fond de votre âme, étiez éprouvés jusque dans votre intellectualité,vous qui avez fait des travaux sur Isabelle Eberhardt lui donnant une seconde vie, ressuscitant sa mémoire! Pour vous c’est un choix intellectuel, parce que vous l’avez habitée, étudiée,admirée, et le biais de ce colloque international vous offre une reconnaissance certaine et la consécration de vos choix intellectuels.Moi je n’étais que le cadre dans lequelvous pouviez vous exprimer. Pour moi, c’est une cause de justice, carsa dépouille repose dans le cimetière musulman de ma ville et on salit sa mémoire avec des dénigrements et par cette rumeur d’espionne.

Vous m’avez éclairé dans les moments les plus sombres de ce parcours et j’en ai pris acte. Vous étiez mes précieux alliés dans une certaine bataille et parfois je me demandais si je n’étais pas un général. Bataille incertaine ? Bien des fois, je pensais abandonner, quand tout se fermait devant moi, maisvous étiez là avec vos travaux pour me soutenir en nourrissant mes convictions,m’exhortantà aller de l’avant etde poursuivre cette belle aventure.

 

Alors, il y a deux mois, j’ai introduit, auprès de son Excellence le Président de la République, un mémorandum au terme duquel j’ai sollicité la reconnaissance officielle d’Isabelle Eberhardt comme écrivaine algérienne et l’octroi de la nationalité algérienne à titre posthume. Suite à l’accueil favorable de la tenue du colloque par son Excellencele Président de la République aplanissant toutes les difficultés et les résistances rencontrées jusqu’ici qui n’ont plus raison d’êtredésormais, il ne reste plus qu’à Monsieur le Ministre de la Culture de me communiquer la date retenue courant mai pourl’ouverture du colloque.Celle-ci étant assujettie au programmeculturel très chargé de Constantine auquelMonsieur le Ministre doit participer -avec les délégations diplomatiques des pays participants- ainsi qu’au au salon international du livre de Paris, où la ville de Constantine capitale arabe de la Culture est représentée.

Je dois exprimer toute ma reconnaissance et ma gratitude à Monsieur Azzedine MIHOUBI, Ministre de la Culture dont le soutien matériel et moral n’a jamais failli.

 

            Je vous communiquerai la date officielle du colloque suite à ma rencontrela semaine prochaine auprès du Ministère de la Culture, et j’ai tout lieu de croire qu’elle se situera autour du 15 mai 2016.

Je souhaite que vous compreniez toutes les péripéties que j’ai dû surmonter et que vous m’apportiez encore vos encouragements.      

 

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